« Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l’amour est présent dans le monde où nous vivons, l’amour actif, l’amour qui s’adresse à l’homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l’injustice, de la pauvreté, au contact de toute la « condition humaine » historique, qui manifeste de diverses manières le caractère limité et fragile de l’homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l’amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés : « miséricorde ». […]
S’appuyant sur cette manière de manifester la présence de Dieu qui est Père, amour et miséricorde, Jésus fait de la miséricorde un des principaux thèmes de sa prédication. Comme d’habitude, ici encore, il enseigne surtout « en paraboles », car celles-ci expriment mieux l’essence même des choses. Il suffit de rappeler la parabole de l’enfant prodigue, ou encore celle du bon samaritain, mais aussi par contraste la parabole du serviteur sans pitié. Nombreux sont les passages de l’enseignement du Christ qui manifestent l’amour-miséricorde sous un aspect toujours nouveau. Il suffit d’avoir devant les yeux le bon pasteur, qui part à la recherche de la brebis perdue, ou encore la femme qui balaie la maison à la recherche de la drachme perdue. L’évangéliste qui traite particulièrement ces thèmes dans l’enseignement du Christ est saint Luc, dont l’Evangile a mérité d’être appelé « l’Evangile de la miséricorde ». (§ 3)