« Ainsi, la miséricorde se situe, en un certains sens, à l’opposé de la justice divine, et elle se révèle en bien des cas non seulement plus puissante, mais encore plus fondamentale qu’elle. L’Ancien Testament nous enseigne déjà que, si la justice est une vertu humaine authentique, et si elle signifie en Dieu la perfection transcendante, l’amour toutefois est plus « grand » qu’elle : il est plus grand en ce sens qu’il est premier et fondamental. L’amour, pour ainsi dire, est la condition de la justice et, en définitive, la justice est au service de la charité. Le primat et la supériorité de la charité sur la justice (qui est une caractéristique de toute la Révélation) se manifestent précisément dans la miséricorde. » (§ 4).
La Miséricorde se révèle plus puissante que la Justice.
Bien des hommes s'adressent spontanément à la Miséricorde de Dieu...
Marie, mère de la Miséricorde divine.
"Pardonne-nous nos offenses
    par Ta miséricorde ineffable,
    par la vertu de la Passion de Ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ,
    par les mérites et l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous tes élus".
Pater paraphrasé de Saint François d'Assise
« Marie est aussi celle qui, d’une manière particulière et exceptionnelle –plus qu’aucune autre- a expérimenté la miséricorde, et en même temps –toujours d’une manière exceptionnelle- a rendu possible par le sacrifice du cœur sa propre participation à la révélation de la miséricorde divine. Ce sacrifice est étroitement lié à la croix de son Fils, au pied de laquelle elle devait se trouver au Calvaire. Le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la révélation de la miséricorde, c’est-à-dire de la fidélité absolue de Dieu à son amour, à l’alliance qu’il a voulue de toute éternité et qu’il a conclue dans le temps avec l’homme, avec le peuple, avec l’humanité. […]
Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour : ce baiser donné par la miséricorde à la justice. […]. Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l’appelons aussi Mère de la Miséricorde : Notre-Dame de miséricorde, ou Mère de la divine Miséricorde.[…]
Ces titres que nous décernons à la Mère de Dieu nous parlent comme de celle qui, par sa participation cachée mais en même temps incomparable à la tâche messianique de son fils, a été appelée d’une manière spéciale à rendre proche des hommes cet amour qu’Il était venu révéler : amour qui trouve sa manifestation la plus concrète à l’égard de ceux qui souffrent, des pauvres, des prisonniers, des aveugles, des opprimés et des pécheurs. […]
Et cet amour ne cesse pas, en elle, et grâce à elle, de se révéler dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité. Cette révélation est particulièrement fructueuse, car, chez la Mère de Dieu, elle se fonde sur le tact particulier de son cœur maternel, sur sa sensibilité particulière, sur sa capacité particulière de rejoindre tous ceux qui acceptent plus facilement l’amour miséricordieux de la part d’une mère. » (§9).
« Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l’amour est présent dans le monde où nous vivons, l’amour actif, l’amour qui s’adresse à l’homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l’injustice, de la pauvreté, au contact de toute la « condition humaine » historique, qui manifeste de diverses manières le caractère limité et fragile de l’homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l’amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés : « miséricorde ». […]
S’appuyant sur cette manière de manifester la présence de Dieu qui est Père, amour et miséricorde, Jésus fait de la miséricorde un des principaux thèmes de sa prédication. Comme d’habitude, ici encore, il enseigne surtout « en paraboles », car celles-ci expriment mieux l’essence même des choses. Il suffit de rappeler la parabole de l’enfant prodigue, ou encore celle du bon samaritain, mais aussi par contraste la parabole du serviteur sans pitié. Nombreux sont les passages de l’enseignement du Christ qui manifestent l’amour-miséricorde sous un aspect toujours nouveau. Il suffit d’avoir devant les yeux le bon pasteur, qui part à la recherche de la brebis perdue, ou encore la femme qui balaie la maison à la recherche de la drachme perdue. L’évangéliste qui traite particulièrement ces thèmes dans l’enseignement du Christ est saint Luc, dont l’Evangile a mérité d’être appelé « l’Evangile de la miséricorde ». (§ 3)
(découverte des fresques de la miséricorde dans la chapelle du couvent des Capucins de Clermont-Ferrand)
La Miséricorde divine a pris un visage humain en la personne de Jésus-Christ, "doux et humble de coeur".
« Révélée dans le Christ, la vérité au sujet de Dieu « Père des miséricordes » nous permet de le « voir » particulièrement proche de l’homme, surtout quand il souffre, quand il est menacé dans le fondement même de son existence et de sa dignité. C’est pourquoi, dans la situation actuelle de l’Eglise et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s’adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu. Ils y sont certainement poussés par le Christ, dont l’Esprit est à l’œuvre au fond des cœurs. En effet, le mystère de Dieu comme « Père des miséricordes » qu’il nous a révélé devient, en face des menaces actuelles contre l’homme, comme un appel lancé adressé à l’Eglise. […].  En effet, la révélation et la foi nous apprennent moins à méditer de manière abstraite le mystère de Dieu comme « Père des miséricordes » qu’à recourir à cette miséricorde au nom du Christ et en union avec Lui. Le Christ ne nous a-t-il pas enseigné que notre Père, « qui voit dans le secret », attend, pourrait-on dire continuellement que, recourant à Lui dans tous nos besoins, nous scrutions toujours son mystère, le mystère du Père et de son amour ? » (§ 2)
Encyclique du Pape Jean-Paul II sur la Miséricorde divine (extraits)
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